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NIGHT AFTER NIGHT
DAY AFTER DAY
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___La ligne jaune du bord du quai. ( Répétez cette phrase à l'infini ). Ce matin, je me suis réveillée dans un appartement gorgé de soleil, dans des draps blancs ; l'impression d'être arrivée au Paradis. Après trois thés, deux cafés & douze sucres ça repart, avec la moitié des souvenirs de la veille en moins.
___A la fenêtre, les volutes de fumée qui se déplacent, tentaculaires. Il est dix-neuf heure trente. Je me retrouve à faire des muffins, comme si c'était normal. & dorénavant, vous savez que si on mêle soja & cuisine, ça fini toujours mal. On entend que le silence par dessus la musique qui tourne en boucle au fond de la pièce. C'est flippant. Mais le temps passe à une vitesse qu'on ne peut plus mesurer. Salle de bain. Frigo. Salle de bain. A deux dans la baignoire, une belle occasion manquée pour faire une belle photo. Ça crie. Le bruit est difficilement supportable, alors pour que ça passe, manzana & limonade. Salle de bain. Je ne sais plus ce que je fais là, mais je suis là, en putain de vie. Je sursaute au moindre bruit. Tout est drôle. Tout fait rire. C'est toujours comme ça, mais les gens l'oublie, parfois. & là on a même pas besoin de se forcer. La porte verte rythme la soirée. Je me concentre, tout tourne, j'aime bien. Les brins de tabacs restent accrochés à ma robe & Mélody danse : Mélody danse toujours. Ma tête glisse sur le côté, se cognant au meuble sous l'évier. Je devrai avoir mal, mais non. Ça va. Tout va. Tout va toujours.
___Erreur. Je m'allonge, rien ne va plus. Tout va beaucoup trop vite autour de moi, alors que mes yeux sont clos & que je suis immobile. Mon corps est agité de spasme, dans le noir de mes yeux il y a comme des centaines de points de couleurs que je ne peux pas compter.
___& je me retrouve là, deux assiettes sales & un verre en main. Si je m'arrête de bouger, c'est comme si je n'allais plus jamais trouver en moi la force de rebouger un jour. Alors je m'active utilement, tournant la tête le moins souvent possible pour ne pas avoir l'impression d'être en train de tourner comme du linge dans une machine à laver. Rien n'est prévu, & dans l'état dans lequel je suis ça ne m'inquiète pas. Il y a du soleil sur mes jambes & l'atmosphère pâteuse des lendemains de fêtes que j'apprécie beaucoup.
___Enfin, il y a le train. Les paysages défilent à une allure impressionnante, nos yeux se remplissent de tant d'images qu'on ne voit plus rien, que le noir, que le blanc. Puis, dans n'importe quelle gare, il s'arrête & c'est comme si le temps se figeait. Pas un bruit, pas un mouvement. On pourrait presque y croire. Je prends le risque de plonger mes yeux dans les siens. Il n'y a plus que de la tristesse.
___J'ai pas vraiment décuvé d'la veille, ni même de l'avant veille. Demain on remet ça. J'ai l'impression de m'enfuir. Que quelque chose va arriver & qu'en allant dans d'autres endroits ça ne se produira pas. Je ne supporte plus la solitude. Je me sens vide ; c'est le trop pleins qui redescend.
En faite, j'ai qu'une envie, à chaque seconde, m'enrouler dans une couette & qu'on m'oublie.
Je suis vide de Toi.
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& la semaine prochaine,
qu'est-ce qu'on fait ?!